Traitement des troubles psychosomatiques en cas de harcèlement
Dr. phil. Josef Schwickerath
Explications
Le phénomène du harcèlement moral s'intensifie de plus en plus dans un monde du travail en mutation permanente. Le harcèlement moral décrit les processus de malveillance, qui à la longue font craquer les salariés.
Harcèlement moral signifie qu'une personne subit toutes sortes de brimades de la part des collègues, des supérieurs ou des subalternes sur son lieu de travail. Elle est importunée, maltraitée, martyrisée, exclue ou on 1'affecte à des taches humiliantes et elle reste continuellement en position de faiblesse. On parle de harcèlement moral lorsque la situation se répète ( au moins une fois par semaine ) et s'étend sur une longue période ( au moins 6 mois ). Pour presque 99 % des personnes concernées les conséquences du harcèlement moral ont des répercussions sur le comportement et sur la performance au travail sous forme de démotivation, méfiance, nervosité, déstabilisation, repli sur soi et autres conséquences similaires. Plus de 40 % des personnes tombent malades à cause du harcèlement moral dont presque la moitié pour plus de 6 semaines. Insomnies, tension morale, nervosité, maux de têtes, humeur dépressive, angoisses, abus d'alcool et de médicaments sont, entre autres, les conséquences qui en découlent. En ce qui concerne les causes on peut distinguer 3 éléments: 1'organisation ou le groupe, le harceleur, la victime du harcèlement.
Concept de traitement
La AHG Klinik Berus développa la première, dès 1999, un concept de thérapie pour les personnes concernées par le harcèlement moral. La thérapie de la AHG Klinik Berus est basée sur un procédé scientifiquement fondé et évalué de la thérapie comportementale. La thérapie se compose de thérapie de groupe et thérapie individuelle, le processus thérapeutique se caractérise par 4 phases différentes:
- prendre de la distance
- apprendre à comprendre les rapports de situation duharcèlement moral ( regarder derrière les coulisses )
- prendre des décisions à propos de l'avenir professionnel et
- exercer une maitrise active progressive de la situation, p. ex. modifier les agitateurs intérieurs grâce à une restructuration cognitive, maitrise des contrariétés par jeux de rôles et autres
Le choix d’une devise individuelle concernant les perspectives professionnelles devient la base de la motivation indispensable pour vouloir changer quelque chose.
L'élément essentiel de la thérapie est le groupe de harcèlement moral. Les patients reçoivent au début des informations fondamentales sur la problématique du harcèlement ainsi qu'une définition et une différenciation par rapport à d’autres problèmes conflictuels au travail. II s'agit entre autres de la transmission d'un modèle général de conflit ou de stress, complété par un modèle de cercle vicieux adapté à la problématique du harcèlement. Un deuxième point essentiel est l'analyse et l'étude de la part des autres dans le conflit. Les problèmes de coordination ou les problèmes structurels de 1'organisation de l'entreprise ou de la firme dans laquelle le patient est employé, sont étudiés. Le troisième point essentiel est l'étude de la part personnelle dans le conflit. En même temps on pourra discerner les humiliations, les déceptions, le manque de stratégies de résolution de problèmes ou la tendance à ne pas pouvoir dire non. Au centre il y a une analyse comportementale individuelle. Le dernier point essentiel est de développer avec le patient la motivation de vouloir changer quelque chose. Derrière cela le patient doit aussi chercher le sens de la reprise de son activité professionnelle ou mieux encore 1'importance que le patient accorde à son avenir professionnel. Ce travail est intégré dans le groupe de harcèlement selon un processus de traitement qui sera établi par le thérapeute attitré, en commun avec le patient dans la thérapie individuelle et qui sera complété par des mesures thérapeutiques supplémentaires pour aider à résoudre les problèmes et pour stabiliser: proposition de thérapie de bien-être (euthymique) comme le groupe de délectation, entrainement à la relaxation, ergothérapie, thérapie par le sport et le mouvement, thérapie sociale avec comme but principal la réinsertion professionnelle, mesures de réadaptation progressive, questions concernant la protection financière etc.
Résultats du traitement
La thérapie a été évaluée scientifiquement. Dans le cadre d'un suivi (follow-up) 1 ou 2 ans après; on a demandé aux patients de quoi ils avaient le plus profité lors de leur séjour. Ils ont répondu qu'ils s'étaient tout d'abord fixés de nouvelles valeurs et de nouveaux objectifs, ensuite qu'ils avaient bénéficié de l'expérience de ne pas avoir été laissés seuls avec leurs problèmes comme cela est souvent vécu par les patients du harcèlement moral avant la thérapie, d'avoir pris une décision et élaboré une solution pour leur avenir professionnel.
Littérature
Schwickerath, J., Carls W., Zielke M. & Hackhausen W. (2004). Mobbing am Arbeitsplatz: Grundlagen, Beratungs- und Behandlungskonzepte. Lengerich: Pabst Science Publishers.
Schwickerath, J. (2005). MOBBING am Arbeitsplatz - Grundlagen und stationäre Verhaltenstherapie psychosomatischer Erkrankungen bei Mobbing. Praxis Klinische Verhaltensmedizin und Rehabilitation 69, 132-145.
Traitement des Acouphènes Chroniques Decompensés
Jürgen Horn
Concept de traitement
Depuis 1997 il y a à la AHG Klinik Berus un choix de traitement qualifié pour les patients souffrant de bourdonnements chroniques d'oreille et des troubles associés tel que l'hyperacousie.
Le traitement repose sur 3 piliers: transmission des informations, maîtrise des symptômes et travail des problèmes de fond. Les acouphènes chroniques décompensés s'accompagnent souvent d'autres troubles émotionnels ou de situations d'angoisse. En outre ils se manifestent en tant que concentration symptomatique lors de problèmes psycho-sociaux comme le harcèlement moral ou des vécus à caractère traumatique. C’est pour cela qu'il faut avoir recours presque régulièrement au répertoire complet des méthodes et propositions thérapeutiques des TCC que propose un établissement de médecine comportementale pour garantir un traitement efficace. La AHG Klinik Berus travaille en coopération avec l'association allemande « Tinnitusliga e.V. » (l’équivalent allemand de « France Acouphène ») et a participé les dernières années à 1'élaboration de standards de qualité pour le traitement hospitalier des acouphènes. Sur le plan régional la clinique travaille en coopération avec des spécialistes ORL. Ces derniers établissent le cas échéant des diagnostics supplémentaires et prescrivent en cas de besoin des prothèses auditives ou masqueurs pour favoriser l'habituation aux acouphènes. La clinique propose des colloques d'information pour des groupes d'entraide. Depuis 2006 un module de traitement de pleine conscience est proposé à nos patients souffrant d'acouphènes et il est en train d'être évalué.
Proposition de traitement
Thérapie individuelle
Les conditions prépondérantes de la chronification et de la décompensation des acouphènes sont selon des recherches scientifiques, entre autres des paramètres comme 1'insatisfaction dans la vie, la tendance à la dépression et les insomnies. C’est pourquoi, pendant la thérapie individuelle, on essaie d'analyser et de rechercher les conditions individuelles de maintien des acouphènes et de l'hyperacousie. Ici certains thèmes comme la survaloralisation de la performance et des normes, le comportement d'évitement, le détournement obsessionnel, le scanning corporel, la peur de la maladie et autres jouent un rôle. On différencie entre un stress symptomatique secondaire résultant du vécu d'un acouphène et une expérience de stress primaire relevant de l'ensemble des causes de l'acouphène. A partir du modèle du déclenchement et de la persistance de la maladie, on élabore des solutions possibles et on les teste individuellement.
Groupe de maitrise de 1'acouphène
En outre on propose un groupe à thèmes « acouphène » dans lequel des informations essentielles sur 1'acouphène et la perception des sons sont communiquées. Cela sert à dédramatiser les symptômes, à motiver le patient souvent très démoralisé ainsi qu'à modifier le dysfonctionnement de la maitrise du comportement. Sous la forme d'exercices on apprend comme un jeu à vivre plus sereinement avec les bruits d'oreille.
Entrainement de la pleine conscience
Le caractère obsédant d'un bruit d'oreille n'est pas premièrement défini par ses particularités physiques et psycho-acoustiques, mais bien plus par la manière de focalisation psychique. La « lutte contre le symptôme » dans le cadre de processus secondaires d'appréciation négative conduit finalement à une focalisation permanente et à un malaise émotionnel obsédant. C’est pourquoi, dans le groupe de pleine conscience on transmet, entre autres, spécialement à nos patients souffrant d'acouphènes des capacités comme par ex. une perception et un état d'esprit sereins et dégagés, la patience, la faculté de relâchement, de persistance dans le moment présent et 1'acceptation. Les patients participent en plus à un colloque d'information une fois par semaine pendant 4 semaines. Celui-ci sera complété par une unité d'exercices intensifs au cours de laquelle on apprendra des techniques méditatives. On donnera aux patients du matériel psycho-éducatif avec lequel ils pourront s'exercer tous les jours de leur propre initiative entre les séances.
Propositions diverses
La maitrise de 1'acouphène a lieu aussi bien sur le plan cognitif et émotionnel que, et surtout, sur le plan physiologique. Ici on utilisera des méthodes de thérapie par le mouvement, la thérapie cranio-sacrale, le thai-chi, le yoga mais aussi la musico-thérapie et diverses méthodes de relaxation.
Résultats de traitement
L'évaluation de cette approche, en utilisant le questionnaire d'acouphène de Göbel et Hiller, a montré son efficacité. Aussi bien à la sortie de 1'hospitalisation qu'un an plus tard on a pu constater de bonnes et constantes améliorations concernant l'handicap du à 1'acouphène.
Littérature:
Horn, J., Follert, P. (2001). Die stationäre verhaltensmedizinische Behandlung des dekompensierten chronischen Tinnitus. In: M. Zielke, H. von Keyserlingk & W. Hackhausen
(Hrsg.), Angewandte Verhaltensmedizin in der Rehabilitation (774-789). Lengerich: Papst Science Publishers.
Horn, J. (2004). Mobbing und Innenohrerkrankungen am Beispiel des chronischen Tinnitus. In: Schwickerath, J., Zielke, M. & W. Carls (Hrsg.), Mobbing am Arbeitsplatz, Lengerich: Pabst Science Publishers.
Rudolph, FM, Stadtfeld-Oertel, P., Horn, J. (2004). Tinnitus und ICF. Praxis der Verhaltenstherapie, Klinische Verhaltensmedizin und Rehabilitation, (17), 67, 238-243.
Horn, J (2005). Quälgeist Tinnitus - Zum Umgang mit chronischen Ohr- und Kopfgeräuschen. Ein Ratgeber für Betroffene. München: CIP-Medien-Verlag.
Diagnostic et thérapie des traumatismes psychiques
Rolf Keller
Le concept du traitement
Avec le concept créé en 1999 et depuis continuellement optimisé de diagnostic et de thérapie du traumatisme psychique, la AHG Klinik Berus tient une place prépondérante parmi les autres établissements hospitaliers comparables qui proposent des thérapies du traumatisme psychique. La force du concept de traumatisme psychique de la AHG Klinik Berus s'appuie sur une base scientifique, sur l’interdisciplinarité, la clarté et l'exactitude de la mise en pratique. Le modèle en 3 phases de la thérapie du traumatisme psychique fournit le cadre de repères théoriques avec les phases de stabilisation, de confrontation et d'intégration ( Keller & Riedel, 2001; Keller, Riedel & Senft, 2003).
La partie essentielle est un modèle de thérapie comportementale et cognitive pour 1'explication et la modification des troubles psychiques post-traumatiques.
Dans la phase de stabilisation le but principal est que les personnes concernées se soient si bien stabilisées du point de vue physique, psychique et social, qu'elles soient en mesure de maîtriser leur vie quotidienne et qu'elles puissent supporter une confrontation ciblée avec les souvenirs obsédants ( Keller 2004 ). Dans cette phase la confrontation avec les évènements traumatisants est laissée explicitement de côté. Dans le même temps on exerce des stratégies pour réduire les tensions ou encore des techniques pour prendre des distances et on transmet des informations sur le traumatisme psychique et sa maitrise. Dans la phase de confrontation on focalise l'évocation intruse de 1'expérience traumatisante vécue, la submersion affective et les changements de comportement qui en résultent. Une confrontation avec le traumatisme psychique ne doit seulement avoir lieu que si les patients sont suffisamment stabilisés sur le plan psychique et physique. Le but poursuivi est d'obtenir une habituation progressive lors d'une confrontation prolongée avec le traumatisme psychique et les conséquences post-traumatiques en réduisant l'évitement cognitif, ainsi qu'un changement de schémas dysfonctionnels cognitifs. Le choix de la méthode de confrontation thérapeutique du traumatisme psychique ( entre autres aussi EMDR ) dépend de 1'indication différentielle. En même temps on tient compte des différences de traitement de traumatismes psychiques simples ou complexes.
Le but principal de la phase d'intégration est que les personnes concernées continuent à se stabiliser et qu'elles apprennent à vivre avec le traumatisme psychique et ses conséquences au lieu de survivre seulement ( Keller et Riedel 2001 ). Ici il s'agit de 1'intégration du traumatisme psychique et de ses conséquences dans le développement personnel avec des thèmes comme la maitrise du deuil, acceptation de la perte, clarification à long terme des perspectives d'avenir, réadaptation ou réinsertion sociale ou professionnelle, planification d'un soutien social ou thérapeutique et une prophylaxie de récidive. Les 3 phases du procédé thérapeutique du traumatisme psychique ne doivent pas obligatoirement se suivre successivement, au contraire objectifs et méthodes de l'une ou l'autre phase peuvent sous certaines conditions être combinée entre eux simultanément.
Proposition de traitement
Partie intégrante de la thérapie est la thérapie individuelle comportementale et cognitive. Ici on combine des méthodes éprouvées thérapeutiques du traumatisme psychique et employées selon 1'indication différentielle. Dans un groupe de maîtrise du traumatisme psychique on a la possibilité d'échanger avec les autres participants les expériences traumatisantes sous une forme clairement structurée et de s'aider mutuellement. Après les informations sur le traumatisme psychique et sa maîtrise, on transmet des techniques de stabilisation, on montre des méthodes concernant la confrontation avec le traumatisme psychique et on commente les mesures concernant la phase d'intégration.
Un groupe spécial de prise de conscience du corps joue un rôle prépondérant dans le traitement de femmes sexuellement traumatisées. Selon un procédé on s’oriente vers les ressources, on focalise, entre autres, sur une meilleure prise de conscience et une meilleure acceptation du corps, une capacité de délimitation et une régulation de la proximité et de la distance. La participation à un groupe d'affirmation de soi et à d'autres groupes à thèmes comme le groupe de dépression, le groupe de maîtrise de l'angoisse, le groupe des troubles de la conduite alimentaire etc. peut compléter judicieusement le programme de thérapie. Comme méthodes de la phase d'intégration, on peut employer surtout les interventions orientées vers les ressources comme elles ont déjà été utilisées pour la phase de stabilisation. Selon les objectifs de thérapie individuelle on peut en plus opter pour des mesures d'ergo- ou de sociothérapie en vue de la réinsertion professionnelle, pour des mesures de thérapie par le sport, de physiothérapie pour un entrainement fonctionnel du corps, ou pour une assistance sociale concernant les questions de logement, questions concernant les finances et la situation financière personnelle, et la clarification sur le suivi post-hospitalier ambulatoire ou en partie en clinique.
Résultats de traitement
Le concept de traitement de 1'état de stress post-traumatique à la AHG Klinik Berus est continuellement évalué et amélioré. Aussi bien au moment de sortie de 1'hospitalisation qu'un an plus tard (suivi, follow-up d'un an ) on peut à nouveau constater des pourcentages significatifs d'amélioration concernant la symptomatique du traumatisme psychique. Ces résultats prouvent 1'efficacité et les effets à long terme de la thérapie du traumatisme psychique à la AHG Klinik Berus.
Littérature:
Keller, R. & Riedel, H. (2001). Stationäre verhaltensmedizinische Behandlung von posttraumatischen Belastungsstörungen (PTBS). In: M. Zielke, H. von Keyserlingk, W. Hackhausen (Hrsg.) Angewandte Verhaltensmedizin in der Rehabilitation (201-254). Lengerich: Pabst Science Publishers.
Keller, R., Riedel, H. und Senft, W. (2003). Stationäre Traumatherapie in der Gruppe im Rahmen eines verhaltensmedizinischen Behandlungskonzepts für Posttraumatische Belastungsstörungen. In: M. Zielke, R. Meermann, und W. Hackhausen, (Hrsg.) Das Ende der Geborgenheit. Die Bedeutung von traumatischen Erfahrungen in verschiedenen Lebens- und Ereignisbereichen, Epidemiologie, Prävention, Behandlungskonzepte und klinische Erfahrungen (512-549). Lengerich: Pabst Science Publishers.
Keller, R. (2004). Besonderheiten bei der Behandlung traumatisierter Mobbingpatienten In: J. Schwickerath, W. Carls, M. Zielke und W. Hackhausen (Hrsg.) Mobbing am Arbeitsplatz. Grundlagen, Beratungs- und Behandlungskonzepte (262-302). Lengerich: Pabst Science Publishers.
Traitement du jeu pathologique
Dr. phil. Josef Schwickerath
Concept de traitement
Dans le cas du jeu pathologique on constate un comportement ambigu persistant et réitéré face au jeu. Depuis 1987 à la AHG Klinik Berus on soigne les personnes concernées par le jeu pathologique d'après un concept de thérapie comportementale et cognitive.
Après un entretien préalable, cette thérapie en milieu hospitalier comprend essentiellement 3 phases fondamentales variables dans le temps: lors des la première phase, parallèlement au diagnostic médical et psychiatrique, une analyse comportementale approfondie est effectuée sur le comportement compulsif face au jeu et sur les problèmes d'arrière-plan du patient, puis on sonde sa motivation à long terme. Ensuite un contrat de thérapie est conclu dans lequel, entre autres, dans un premier temps, la relation avec l'argent et la règlementation des sorties en tant que mesures de contrôle par autrui sont stipulées. Dans cette première phase les objectifs de la thérapie sont définis, en outre on élabore un modèle d'explication plausible du jeu selon la thérapie comportementale (par ex. un modèle de renforcement positif suite aux gains et un modèle de fuite devant les problèmes de la vie quotidienne).
La deuxième phase est essentiellement basée sur le traitement des problèmes d'arrière-plan qui, chez les joueurs pathologiques peuvent consister en des difficultés de relation de couple ou familiale, des problèmes professionnels, des dépressions, une perte de l'orientation existentielle, de l’incapacité à organiser convenablement ses loisirs ainsi que des difficultés de contact et de communication. En outre, dans la deuxième phase on élabore un système progressif d’auto-contrôle. Le patient apprend une stratégie de maitrise pour se distancer des situations de tentation réelles ou attendues et des incitations au jeu.
Propositions de traitement
Parallèlement à la thérapie individuelle la participation au groupe de jeu pathologique est impérative. Ici il s'agit d'une part de transmettre des informations (par ex. fonctionnement des machines à sous, pensée magique etc.), d’autre part un élément essentiel consiste à élaborer les motifs et les relations fondés sur le jeu. L'entrée dans le groupe de jeu pathologique est possible à tout moment ce qui offre 1'avantage de côtoyer des participants „aguerris" pouvant servir de modèle thérapeutique aux débutants de la thérapie.
Les participants des groupes sont préparés par des informations écrites sur l'objectif et les règles du fonctionnement du groupe. Dans le groupe du jeu pathologique on définit avec chaque patient l'ensemble de ses caractéristiques typiques de comportement à la base du jeu (fuite devant la responsabilité, malhonnêteté, surestimation de soi). Ici l'objectif est que, d'une part, les joueurs comprennent le jeu dans le sens du modèle conçu par la thérapie comportementale et que, d'autre part, un changement visant l'objectif personnel s'opère. Lors de vives discussions, chez beaucoup de joueurs outre l'aggravation de 1'état de crise dans les domaines cités plus haut se cristallisent aussi les peurs non-avouées de la solitude ou de l’abandon, la peur du rejet, la recherche du sentiment de sécurité qui souvent ont été déjà surcompensées depuis la prime jeunesse par des indulgences extrêmes ou par de 1'inconséquence dans l'éducation, un manque de modèle adéquat à cause de 1'absence du père par exemple. En plus de l'explication admissible, plausible pour le groupe qui complète le modèle d'explication défini dans la thérapie individuelle, il s'agit ici d'une perspective de solution réaliste ou le groupe sert de correctif pour des perspectives inaccessibles et irréalistes. Selon 1'indication individuelle les joueurs participent encore à d'autres groupes de thérapie comportementale (par ex. groupe d'affirmation de soi, groupe de relaxation, groupe de maîtrise de la dépression) ainsi qu'à des groupes de thérapie par le sport, d'ergo- et sociothérapie et de physiothérapie (kinésithérapie). On essaie aussi de clarifier les rapports avec les dettes, souvent élevées, par des conseils en thérapie sociale.
Dans la troisième phase on essaie de stabiliser les stratégies de résolution de problèmes qui ont été élaborées pour maitriser la problématique de 1'arrière-plan. Le contrôle de soi se consolide par une aptitude de plus en plus réfléchie à gérer des situations ou des conditions qui auparavant auraient conduit au jeu incontrôlé. On évoque aussi explicitement les possibilités de récidive, en plus de l'analyse des conditions concrètes de la récidive on répond entre autres à la question de savoir ce que le patient doit apprendre pour mieux maîtriser les situations de crises. Il s’ensuit enfin une préparation à la période post-hospitalière. Les patients doivent continuer leur thérapie dans un cadre ambulatoire (psychothérapie ambulatoire, centre d'assistance et groupe d'entraide ). Le but est d'essayer de consolider la motivation présente et d’organiser des contacts avec des points d'assistance post-hospitalière.
Résultats de traitement
L'efficacité du traitement a été vérifiée lors de 2 suivis (follow-up). Les résultats montrent l'efficacité de cette thérapie du jeu pathologique en milieu hospitalier.
Littérature:
Schwickerath, J. (1996). Pathologisches Spielverhalten. In: W. Senf & M. Broda (Hrsg.). Praxis der Psychotherapie. Ein integratives Lehrbuch für Psychoanalyse und Verhaltenstherapie (S. 365-371) Stuttgart: Georg-Thieme-Verlag.
Schwickerath, J., Keßler, B.H., Dinger-Broda, A., Engelhardt, W. & Kany, N. (1996). Stationäre Verhaltenstherapie des pathologischen Glücksspielens: Eine Nachbefragung, Praxis der Klinischen Verhaltensmedizin und Rehabilitation 33: 49-54.
Schwickerath J., Carls, W., Simons , A. (1998). Die Gruppe als gruppendynamischer Baustein der stationären verhaltenstherapeutischen Spielerbehandlung. Praxis der Klinischen Verhaltensmedizin und Rehabilitation 43: 68-73.
Thérapie en langue française
Heiko Riedel
En l'an 2000 la AHG Klinik Berus a élargi ses propositions de traitement en établissant un service (team) de traitement bilingue, franco-allemand. Au début les patients étaient surtout des travailleurs frontaliers français qui étaient assurés en Allemagne, ensuite on a pu élargir continuellement la zone de rayonnement géographique et accueillir des assurés de tous les régimes.
Cette proposition de traitement qui s'appuyait d'abord sur une thérapie individuelle en langue française, avec un nombre d'indications réduit et des groupes thérapeutiques en langue allemande qui travaillaient en partie avec des traductions, a pu être élargie entre-temps à toutes les indications et tous les modules de traitement de la clinique. La compétence linguistique et culturelle du personnel évolue continuellement pour accueillir des patients francophones de tout azimut. A cela s'ajoutent non seulement des mesures de formation linguistique assurées par nos propres employés, mais aussi par des interventions de personnel externe de langue française maternelle et le recrutement de nouveaux employés ayant les compétences linguistiques requises. C'est ainsi que la AHG Klinik Berus est la seule clinique en Allemagne en mesure de proposer un choix de traitements complets conforme à l’actuel standard en thérapie comportementale et cognitive en langue française. Notons que ce sont les patients du Grand-Dûché du Luxembourg qui sont les plus représentés avec environ 56 %, suivis des patients français avec environ 43 %.
Comme ces patients, à l'exception des travailleurs frontaliers, ne nous sont pas envoyés par les organismes de retraite, mais par les organismes d'assurance maladie, ils se distinguent par une incapacité de travail d'environ 48 % avant leur séjour hospitalier, seulement 27 % commencent leur traitement en étant aptes au travail. Le degré de gravité de la maladie se reflète aussi dans les pronostics à la fin du traitement hospitalier. Si on peut faire un pronostic favorable pour environ
58 %, on ne peut en revanche faire pour environ 40 % qu'un pronostic incertain qui renvoie à une nécessité de traitement ambulatoire avec un pronostic impossible à prévoir clairement.
Au premier plan des diagnostics se rangent les troubles dépressifs récurrents (F 33) avec une part de 33 % au premier diagnostic. Puis suivent les troubles d'adaptation et les troubles liés aux facteurs de stress (F 43) et finalement avec 15 % les troubles dépressifs épisodiques (F 32). Les patients montrant des troubles obsessionnels-compulsifs (F 42) prennent une place indicative particulière, ils forment 9 % des premiers diagnostics. Puis suivent les troubles de phobie avec
6 % (F 40) et autres troubles d'angoisse (F41) et les troubles du comportement alimentaire (F50). Au deuxième et troisième diagnostic dominent les troubles de la personnalité (F 60 et 61). Chez 8 % des patients on a traité un acouphène chronique décompensé.
Développement et optimisation de concepts de soins
La AHG Klinik Berus est une des rares cliniques qui a inclus les concepts d'évolution thérapeutique d'après DIN EN ISO 9001:2000 dans le processus de certification. Cela implique le développement continuel de nouveaux concepts de thérapie et de programmes (et pas seulement 1'adaptation à ceux déjà existants ) et le déroulement de 1'évolution selon les directives du management des projets. Dans le bulletin de bilan de 2005 on a développé un concept de traitement intégré en coopération avec la DAK (caisse allemande).
